Les vues de Lyon : Couty Lugdunensis
Jean Couty fut le premier peintre lyonnais exposé par une grande galerie parisienne dès la fin de la guerre, en 1945. Pourtant, malgré de multiples sollicitations, il n’a jamais voulu s’installer dans la capitale, car il était viscéralement attaché à Lyon par toutes ses fibres.
L’instinct de l’artiste lui a permis de découvrir très tôt la magnificence colorée qui se cachait
derrière la cité grise et brumeuse décrite dans Calixte et Ciel de suie.
Ses représentations du clocher de la Chapelle Sainte-Anne ont su donner à l’Île Barbe, qui n’était alors qu’un lieu de guinguettes, les couleurs de bijou archéologique que les lyonnais ont appris à redécouvrir. Les teintes vives de sa palette chaleureuse nous ont offert, de façon prémonitoire, l’atmosphère florentine qui allait bientôt transformer le Vieux Lyon, la Croix Rousse et les rives de la Saône. Bien avant “le Plan Lumière”, Couty avait deviné que le Lyon nocturne dont il nous a donné de multiples représentations étincellerait chaque soir de feux et d’éclairages renouvelés.
Quant aux travailleurs de la rue, aux grues et aux chantiers qui l’ont toujours fasciné, ils continuent à envahir la ville sur les quais, au Confluent, à Gerland ou dans ce 9e arrondissement qui, après avoir absorbé Saint Rambert, était devenu le sien. Où qu’il peigne à travers la France ou le monde, c’est toujours la vision lyonnaise qui inspirait ce grand artiste du XXe siècle, Couty de Lugdunum.
Régis Neyret
Président Honoraire de Patrimoine Rhônalpin |