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Les natures mortes

Couty peint ses natures mortes dans une pâte abondante avec un goût de la vie, un sens des couleurs et une sensualité dans la meilleure tradition de l’art. Le grand technicien s’amuse aussi… dans La palette, il ne traite pas la palette ellemême comme l’outil du peintre qui verrait se mélanger d’un côté les tons chauds, de l’autre les tons froids, mais il la peint comme une toile, une peinture indépendante. Il sait aussi modifier beaucoup sa façon de peindre… Dans Le pot d’étain, on dirait que Couty désire animer sa couleur, la faire bouger, quitte à sacrifier un peu la force et la majesté du noir. Le mystère qui émane de son oeuvre n’est pas fait de sévérité mais de sérieux. Son art est profond. Couty se détache des jeux superficiels afin de rechercher en lui-même les résonances les plus riches. Il atteint la mystique. Les couleurs sont gaies mais non fantaisistes. Il est très sollicité et il répond à la fois comme un homme d’une culture et d’une éducation immense ; mais aussi comme un peintre qui peut assurer plusieurs émotions. Aussi bien l’humour (dans la gestuelle) que le
spirituel caché, mais aussi la tendresse que la profondeur et le sérieux. Cette richesse
immense, ces audaces nouvelles permettent un nouveau discours très généreux, voire foisonnant où le spectateur demeure le témoin d’un Couty, traducteur de la vie quotidienne.

Hugues de la Touche
Conservateur des Musées de Menton



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