Préface : l’architecte, le peintre et le mystique
Que le rapprochement de ces trois mots ne surprenne pas. C’est le triptyque dans lequel nous apparaît Jean Couty, en ce que l’homme et son œuvre en font l’unité et l’exceptionnelle richesse. Ce fils de maçons n’est pas seulement dans la tradition d’un métier, mais dans l’appel d’une vocation qui s’affirme auprès de deux maîtres prestigieux, Henri Focillon et Tony Garnier. Même s’il se désigne comme un «transfuge de l’architecture» il en est visiblement habité : en témoigne toute une partie de son oeuvre, de la tour de la Part-Dieu au chantier du Métro ou de l’auditorium, qui unit une facture puissante et, selon l’expression de Lydia Harambourg, un «fauvisme sonore» dominé par les rouges éclatants et les bruns sombres. C’est encore le regard de l’architecte qui fixe rigoureusement les volumes des façades romanes : ainsi celle de Ruffac ou de Notre Dame la Grande. Inspiré, c’est ce que fut Jean Couty, architecte et peintre. Au long de ses voyages il les a vu, ces cathédrales. Le mystère des êtres qui soutend une autre partie de son oeuvre, peut être la plus saisissante de vérité. Il me suffira d’évoquer à cet égard une de ses toiles de 1939 la
Solitude.
Mystère des engagements de foi, que Jean Couty décline en plusieurs tableaux, parmi les plus importants, avec un regard intérieur qui vise au fond des âmes. Bien loin du pari pascalien une foi sobre et robuste, à l’image du grand peintre qu’il est. Gilbert Carrère
Préfet de Région Honoraire
Président de l’association
«les Amis de Jean Couty» |