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Les voyages de Jean Couty

Couty a été pétri par l’Île Barbe, figure de proue de Lyon, terre d’entre les eaux. C’est la terre des ancêtres de la Creuse, qui charpente son instinct rustique. Il n’est pas né de rien ! Sur les conseils de Garnier il est armé pour un Tour de France suite aux constructeurs de cathédrales. Il entreprend son périple roman, celui dont parle Lydia Harambourg. Est-il allé lui-même au chevet des églises ? Peu importe ! Au Puy-en-Velay, certainement, dès 49. Il s’est aussi inspiré de photographies. Le voyage est vision interne !
En Italie - qui a inspiré Poussin, Ingres, Delacroix et Courbet - il découvre en 52, Piero della Francesca. De même - en Hollande - il admire la Bethsabée de Rembrandt. Peintre Témoin de son temps (1951), il rejoint l’endroit où le fer de l’histoire croise le front de l’humanité. Il est sur la ligne des adversités où la tragédie des guerres impose un témoignage. Israël l’appelle, terre promise qui n’en finit pas de hurler. Il salue Jérusalem en 71. Il peint le Liban quand le cri des mères relève le corps des enfants morts. Le séisme (1977) fait crisser les pinceaux d’une couleur souillée. Puis l’URSS (1974) lui
permet de construire d’autres cathédrales dans une floraison de clochers à bulbes. L’Egypte l’attire en 75, puis la Grèce en 77, berceaux de civilisations dont il se réclame. Il s’envole pour Ceylan (1980) et New-York (1982), pour rallier l’Orient des origines et l’Occident des promesses et conclure un pacte de couleurs où levant et couchant s’harmonisent.

Bernard Gouttenoire
Critique d’art
Historien d’art
Expert en tableaux



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